Il arrive parfois que les chaises fassent la gueule ! (Part 3)
"Y'a pire, y'a pire. Ha, ça oui ! " intervient l'un des trois gros rougeauds. Le plus virulent des
trois d'ailleurs. Snob jusqu'au bout de son couvercle, il a pris la grosse tête le jour où il a rencontré les aiguilles d'argent chinoises. Depuis, il n'est jamais redescendu de son pied d'estal.
Réceptacle chic de thé blanc, il l'est et le restera.... même si cela fait plus d'un an qu'il est vide. Changement de carrière. Exit la précieuse épicerie. Bienvenue Chez Laure en tant
qu'objet de décoration. Un objet triste et furieux qui n'attire en son sein froid et métallique que poussières et hôtes de passage. Araignées, papiers abandonnés, p'tits cailloux... rien à
voir avec son thé chéri si délicatement parfumé. Cette absence le mine. Du coup, il fulmine pour un rien. Toujours rouge de colère, il râle, il souffre, il peste. Ses pires ennemies : le duo de
chaises. Ces 4 pattes métalliques qui ne font que copiner, s'aimer. Voire pire encore, lorsqu'elles décident de s'empiler tendrement ! "On aura tout vu, quelle indécence ! Mais que fait
la police de moeurs ? " leur a-t-il lancé un jour au dossier.
Le pauvre, il est jaloux. Mais il a des amis, me direz-vous. Vous oubliez les deux autres pots. Zappez-les. Ce gros prétentieux ne voit en eux que des nazes, des bocaux du peuple. Il
n'y a que les humains pour croire que ces trois-là s'aiment. Erreur grossière. Ce grand snob les méprise ces menteurs juste bon à recevoir du maté et du lapacho. "PPfff, même pas du thé noir
bas de gamme ni des tisanes. Ces deux lascars ont pactisé avec l'ennemi, du faux thé en provenance direct d'Amérique du Sud ".
Dans cet enfer, il arrive que ce rougeaud connaisse des jours de joie intense. L'un de ces jours bénis ? La bagarre des deux chaises. Ô joie ! Ô bonheur ! Le paradis
existe bien. Ces deux nigaudes se font la gueule.... (Affaire à suivre)
Vendredi 12 septembre 2008
Haut perché sur son éperon rocheux, Brantes contemple depuis des siècles le mont Ventoux, son
imposant voisin.
A seulement 30 minutes de Vaison La Romaine, ce joli village provençal traverse indemne les siècles. Le temps glisse sur lui. Il ne
parvient pas à le marquer de ses assauts. Vaillant, dynamique et vivant, Brantes n'a rien d'un musée à ciel ouvert. Tous ses habitants y veillent.
Visitez-le, parlez-lui. Il vous séduira comme il l'a fait avec moi... Entre silences paisibles et chuchotements pétillants, il sait y faire !
La faim vous tenaille ? Laissez vos pas et votre nez vous guider vers La Poterne. Là, quiches et tartes maison, salades composées... une cuisine familiale avec des produits locaux et de
saison qui vous requinquera. Sans oublier la vue, une merveille. Calme, sérénité, volupté... un goût de paradis sur terre.
Dimanche 7 septembre 2008
il arrive parfois que les chaises fassent la gueule ! (Part 2)
"Un petit coup et hop... la pile à terre. Quelle chance tu as.
Moi, le petit coup de rein, il ne suffit pas éjecter ma charge. A la place de tes piles de linge, bien sage, j'ai des choses animées : elles s'agitent, rient, discutent, tapent du pied,
se laissent choir... Je crois que ces choses se nomment des humains.
De temps à autre, il y en a un qui s'installe devant notre copine, la table. Il déplie des rectangles. Petits, grands, légers ou encore lourds, ils ont une odeur bizarre et sont
couverts de signes étranges. Il suffit que l'un de mes hôtes décide de toucher ces rectangles pour que débute le même rituel.
Après un coup d'oeil rapide sur la face supérieure, il laisse échapper un grognement. Il retourne l'objet, puis commence à brasser de l'air. Ses doigts s'agitent, triturent le pauvre rectangle.
Je crois que cette jolie forme doit avoir bon goût. Il n'est pas rare qu'un humain se lèche les doigts à chaque fois qu'il la touche. Gourmand, l'humain prend même le temps d'en savourer chaque
miette et ne repose son doigt sur le rectangle qu'après un certain laps de temps. Il y en a même un qui a trouvé cela tellement bon qu'il s'est endormi de plaisir. Je suis convaincu qu'il rêvait
d'une orgie de rectangles de toutes les couleurs.
Je n'aime pas ce type d'invité. Il fait durer son plaisir au détriment du mien. Il s'affale bien lourdement sur moi, il va même jusqu'à envahir la table pour y poser ses pieds. Tu pourrais penser
que cela allège ma charge. Une grossière erreur ! Je te rappelle que je récolte toujours les parties les plus pesantes.
Mais il y a bien pire encore ! (Affaire à suivre)